11 novembre 2007

Mon père , ce héros !

PoilusIl est peut être dans ce groupe , mon père était de la classe 17 disait -il lorsqu'il rencontrait d'anciens poilus .
Je sais qu'il était allé en Italie et il racontait les permissions ou les civils en les voyant passer , commentaient les bosses de leurs casques en disant "les combats ont du être rudes avec l'ennemi " .
Tu parles , c'était surtout contre les rats que l'on se bâtait me disait-il.

Je regrette de ne pas l' avoir écouté plus attentivement . Je me souviens qu'il avait bu un grand verre de gnôle pour trouver le courage de dérouler le fil qui permettrait à l'arrière de communiquer avec le front pour donner les instructions de tir. Il était fier de connaître le morse .

A son retour , couvert de vermine , sa mère l'a fait déshabiller et laver dans la cour et a brûlé son uniforme .

Si j'avais su j'aurais écouté mon père raconter sa guerre, j'aurais pris des notes car aujourd'hui , jour de commémoration de cette boucherie , je me rends compte de l'importance de ses récits dont ma mémoire garde des traces plus ou moins exactes .

14 commentaires:

Anonyme a dit…

Et que vous racontait- il d'autres sur cette guerre dont vous vous souveniez ?

Moukmouk a dit…

il est bien difficile de reconstruire la vie de ces petits héros, dans ce qui fut une des plus grandes conneries de l'humanité. Jamais le mépris des dirigeants contre le peuple n'a été aussi manifeste. Si les généraux des deux camps avaient eu le moindre respect de ceux qui se faisaient tuer, cette guerre aurait pris une tout autre tournure.

Marianne a dit…

@ Moukmouk Et que dire d'un ministre français qui annonce la guerre comme possible au jour d'aujourd'hui ? .
@ Anonyme Mon père parlait d'un soldat fort courtisé dans la tranchée car il avait un chien ratier avec lui

anita a dit…

les militaires ont effectivement fait des statistiques sur le nombre de tir visant réellement l'ennemi, rapporté au nombre de soldats, en 18, en 39, et durant la guerre de Corée-ou le Viet-Nam, je ne souviens plus. Ils ont trouvé que le nombre était ridiculement bas. Faute sans doute, à cette foutue inhibition provenant de la persistance du sentiment que l'ennemi peut être un humain comme vouzémoi.
Fort heureusement, d'excellents programmes de déconditionnement ont été forgés, et Dieu merci, ler rendements augmentent.

anita a dit…

Pardon pour la quantité de fôtes !

Jeanmi a dit…

J’ai entendu sur France Inter avant-hier une bien triste histoire. Un petit village des Alpes avait eu 2 tués dans cette effroyable boucherie. Dans la salle du conseil de la mairie une plaque de marbre portait les deux noms et cette mention : « Morts pour le capitalisme » Depuis les dernières élections la municipalité est passée à droite et la plaque est disparue. Pensons à eux anonymement…
Jeanmi

L'Alchimiste a dit…

D'où vient cette si belle photo couleur ?

garance a dit…

marianne je suis toujours là en pensée pour vous , trés peu présente par les commentaires mais là en pensée..
ms grands péres n'ont pas fait cette guerre (et pour cause ils n'étaient pas dispo: 1 à l'étranger , l'autre ? )
mais c'est la boucherie du siecle dont il faut garder des traces : les rats sont toujours bien présents et prés à mordre!!!!!
Amitié
garance

Marianne a dit…

@ Anita les rendements augmentent hélas et comme chantait Fèlix Leclerc , il y a tellemnt de façon de tuer un homme .
@ Jeanmi fait- on des guerres pour autre chose ? enfin cette mairie est gonflée d'avoir retirée la plaque .La photo a été empruntée sur un site , celles de mon père , les mêmes ,sont quelque part dans la famille .
@Garance vous faites partie des blogs que je lis régulièrement et avec plaisir , rassurée de constater que vous êtes toujours présente avec toujours autant de talent et d'inventivité .

Jeanmi a dit…

La guerre de 194-1918 a coûté de quoi payer à chaque français d'alors, une maison entièrement meublée et équipée sur 1 ha de terre.
Vive la guerre !

Azelys a dit…

Je suis très touchée par l' histoire de ce père qui pourrait être le mien...de la classe 17 et qui a fait la guerre de Salonique comme il disait pour le peu que je m' en souvienne . IL était déjà d' un certain âge lorsque je suis née, je l' ai peu connu .
Je suis allée il y a quelques années dans ces contrées et j' ai visité les lieux de bataille . De savoir que mon père y était à 18 ans et qu' il a survécu à cette boucherie m' a beaucoup beaucoup émue . Sur ces lieux , j' ai appelé ma soeur aînée pour en savoir un peu plus mais, elle non plus ne savait pas grand chose de cette épisode douloureux . Si ce n' est qu' il cultivait des melons en souvenir de cette période où il avait connu la fain et il disait avoir survécu grâce aux melons .
Comme j' aurais aimé parler de tout çà avec lui !

Marianne a dit…

@ Azelys Si seulement j'avais été attentive au moment des récits de mon père .Mais tout cela m'ennuyait , je le regrette aujourd'hui . Son livret militaire a disparu . Mon père s'est trouvé mobilisé en 1939 et je confondais allégrement les deux périodes .
Curieux cette histoire de melon !

L'Alchimiste a dit…

N'oublions JAMAI la chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le coeur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

{Refrain:}
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

{au Refrain}

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

{au Refrain}

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

L'Alchimiste

L'Alchimiste a dit…

ERRATUM :Jamais avec un "S", bien sûr